Les Lévites, élite spirituelle des Hébreux au tout début du Judaïsme, ont écrit les livres du 1er Testament entre 2800 et 2200 ans avant le présent. Le 1er Testament contient la Génèse et le mythe d’Adam et Eve, qui réduit la Femme au rôle de pêcheresse, soumise et faire valoir de l’Homme.
Ce mythe, qui selon la vision de Merlin Stone, auteure de « quand Dieu était une Femme » en 1973, a été créée pour anihiler le culte de la Déesse et de leur coutumes libres sexuellement, a eu un profond retentissement sur les 2200 dernières années, car largement répandu par les religions juive et chrétienne.
Encore aujourd’hui, même pour une femme non-croyante, il est difficile de se sentir libre dans ses ambitions, sa sexualité, ses moeurs, sa maternité, sa féminité. Car ce mythe touche la façon dont nous avons été éduquées et est encore une référence consciente ou inconsciente de notre société occidentale (et pas que !).
Et si finalement, le mythe d’Adam et Eve n’était pas ce que l’on pense ? Et si finalement, Eve devenait l’Être qui a inspiré l’Homme et non celle qui l’a détruit ? Et si cette vision du féminin répandue par les religions était fausse intraséquement ? Et si ce fardeau qu’on nous met sur les épaules depuis 2 millénaires n’en était pas un ?!
Dans cet article, je te partage une vision du mythe de Eve totalement différente, qui m’a libéré d’un poids qui venait de-je-ne-sais-où. Comme quoi, 2800 à 2200 ans de répression judéo-chrétienne sur les Femmes, ça laisse des traces !
Eve, l’histoire d’un conditionnement du Féminin Sacré.
GO !

DISCLAIMER : Avant toutes choses, je tiens à précisé que le but ici n’est pas d’attaquer les religions et les croyants. Chaque spiritualité à sa place et je suis pour le respect de chacun.
Chacun est responsable de ses choix et peut respecter les choix des autres.
J’expose ici, simplement, des faits, sans jugements aucun, qui ont amené à la condition féminine actuelle et je les l’explique.
Les diverses religions monothéistes actuelles, admettent elles-même ce que j’écris ici.
Mythe fondateur du féminin actuel
L’histoire de Eve pose les bases de la vision du féminin dans notre civilisation depuis plus de 2200 ans. Plus exactement, elle pose les bases de l’histoire d’un conditionnement du Féminin et la fin du Féminin Sacré.
Merlin Stone, artiste et universitaire américaine, penseuse importante de la théologie féministe et des mouvements de la déesse, connue pour son livre « Quand Dieu était une femme » en 1973, voit ce mythe comme un moyen d’anihiler les femmes et leur liberté liée au culte de la Déesse Mère.
Car le mythe d’Adam et Eve n’existe QUE depuis 2200 ans au moins. Justement.
Avant cela, d’après Merlin Stone et les partisants du culte de la Déesse, la vie des femmes était totalement différente. Elles étaient libres, jouissaient de leur corps et de leur sexe à leur guise et avaient du pouvoir.
Cette théorie est aussi confirmée dans les textes les plus anciens de l’humanité qui existent et témoignent d’un autre statut de la Femme, notamment chez les Sumériens et les Egyptiens avant le 1er empire (IIIème millénaire avant notre ère).
Dans leurs mythes, ce sont même des Déesses qui ont inventé l’agriculture, l’écriture et le monde. Ces preuves sont celles que Merlin Stone avancent dans son livre « Quand Dieu était une Femme », ainsi que d’autres auteures depuis dont on reparlera sur ce blog.

Merlin Stone explique que, la destitution du statut de la femme a prit quelques millénaires pour finir dans le mythe du 1er testament de Adam et Eve. Elle explique et prouvent que tous les symboles diabolisés dans le mythe d’Adam et Eve, sont des symboles du culte féminin primitif volontairement détournés par des envahisseurs à la culture patriarcale.
Elle explique que l’arbre au fruit défendu, représente les arbres fruitiers des temples de la Déesse où les prêtresses, lors de grandes fêtes, mangeaient les fruits à même les arbres, sans les décrocher.
Le serpent qui séduit Eve, est en fait un symbole puissant et sacré du féminin. En effet, dans de nombreuses cultures primitives, le serpent est associée à une Déesse. Du serpent découle aussi l’image du dragon. Lorsque Michel terrasse le dragon dans les mythes chrétiens, il tue un symbole du féminin sacré primitif !
Le serpent est aussi le symbole de la Kundalini, un terme sanskrit lié au yoga qui décrit l’énergie sexuelle féminine lovée au creux de la colonne vertébrale. Comme les mythes primitifs du serpent au creux de l’arbre de la vie…
D’ailleurs, les Deva, qui sont des textes très anciens de la culture indienne archaïque (avant le sanskrit), sont les écrits les plus proches du culte de la Déesse, temporellement. Ils nous apprennent bien des choses sur les conditions de vie des femmes. Ces textes datait du XVème, voire du XIXème siècle avant JC, parlent de femme égale de l’homme et de nombreux textes védiques ont été écrits par des femmes !
D’autres preuves confirment les écrits de Merlin Stone, se sont dans les tombes de l’âge de Bronze que les archéologues découvrent partout dans le monde. En Chine, en Europe, en Mésopotamie, même constat : le statut de la femme a brutalement changé à l’âge de Bronze. Et les textes religieux de cette époque le confirme, puisque c’est l’époque de redaction du 1er testamen.
Dans les peuples primitif, avant l’âge de Bronze, les hommes, les femmes et les enfants étaient inhumés avec le même respect, les mêmes attentions, des trésors équivalent. Ce n’est que pendant l’âge de Bronze que les tombes des femmes s’appauvrissent. Même le corps de femmes changent, signe d’un manque de nutrition évident. Mais nous en parleront dans un autre article aussi (ouai j’en ai des choses à te dire crédidiou !) =D
En archéologie, on parle aussi de l' »effondrement de l’âge de Bronze », qui s’est produit entre environ 1200 et . Ce serait du à un changement climatique très rapide, court mais radical, qui aurait poussé les peuples du nord à fuir la sécheresse.
« L’effondrement de l’âge de Bronze » évoquent des massacres soudain en masse et des disparitions totales de civilisations entières. Les peuples anciens parlent d’invasion par « les peuples du nord » ou « les peuples de la mer ». Selon Merlin Stone, il s’agissait de sociétés patriarcales, armées, entrainées à la guerre qui ont écrasés les sociétés matriarcales, sans violence, ni défense. Les invasions de l' »effondrement de l’âge du Bronze », n’aurait pas été les premières, mais les dernières d’une longue lignée d’invasions qui ont commencé au IVème millénaire avant JC et ont anihiler le féminin sacré petit à petit en ointroduisant des dieux masculins.
Les preuves archéologiques corroborent donc ce changement de statut de la Femme. Même si on ne peut que spéculer sur les causes, la théorie de Merlin Stone se vérifie encore, je trouve : le rôle de la Femme a changé définitivement à partir de l’âge du Bronze et le 1er Testament, qui a commencé à être rédigé il y a 2800 ans, au début de l’âge de Bronze, justement, est la cristalisation des nouvelles moeurs de cette époque.
Il est donc intéressant d’observer que, d’après Merlin Stone, le mythe d’Adam et Eve a été écrit pour conditionner les Femmes de son époque, reduire les miettes du culte de la Déeesse à néant, et qu’avant, les Femmes étaient considérées différemment.
J’ai alors cherché d’autres « lectures » de ce mythe de la Déesse et du Féminin Sacré.
ET j’en ai trouvé une extrêmement intéressante !
Elle sort complément des sentiers archéologiques et est beaucoup plus théologique. Mais elle m’a fait un bien fou ! Alors je te la partage pour te libérer aussi de cette référence un peu pourrie du mythe d’Eve =)

Meghan Don et sa vison du mythe
Meghan Don dans son livre « Le nouveau féminin sacré » offre une vision et une lecture totalement différentes du mythe d’Adam et Eve et c’est PAS-SION-NANT !
Son livre est très théologique (portant sur Dieu et les choses divines), et au début ça m’a pas mal dérangé.
Je sais que j’ai des choses à régler avec les religions et les dogmes. Notamment avec l’image de Marie que j’ai durement jugé…. Mais depuis la lecture de ce livre cela s’est apaisé. Je suis même allée prier « la Vierge » dans une cathédrale il y a quelques jours, une expérience haute en émotion pour moi ! Je me reconcilie petit à petit avec ces archétypes féminins détournés, diminués, par les religions. En revenant justement à la source de l’archétype en tant que tel, en enlevant les voiles que la religion a posé dessus pour les réduire à des femmes soumises ou des pêcheresses, je redécouvre ces énergies féminines fabuleuses que le culte christique c’est approprié (comme pour les différentes fêtes religieuses qui sont souvent des fêtes païenes à l’origine).
Bref, Meghan Don, dans son livre, part donc du mythe de Eve pour permettre à la Femme de retrouver son unicité à travers les archétypes sombres et lumineux du féminin.
Je dois avouer que je n’ai pas accroché avec la partie sur les archetypes qui proposent beaucoup de prières, de méditations et d’explications. Je ne m’attendais pas à cela. Je pensais plus avoir à faire à une compilation de données historiques et archéologiques. Ou à un exposé de faits.
Par contre, le début du livre, qui traite du mythe d’Eve m’a complètement boulversé !
J’adore la lecture du mythe qu’elle propose car dans cette partie-là, d’une certaine façon, elle relit ce mythe à une spiritualité plus universelle et originelle. C’est comme si elle remontait aux origines de la spiritualité primitive et universelle qui nous lie tous =D
Et ça j’adore !

Huile sur toile par Gustave Courtois – Musée des Beaux-Arts de Besançon
L’incarnation de l’âme
Dans le mythe du 1er Testament, Adam et Eve vivent dans le jardin d’Eden. La seule consigne qu’ils ont est de ne pas toucher au fruit défendu, aussi appelé le fruit de la connaissance. Or Eve qui se laisse séduire par le serpent, croque le fruit et incite Adam à le faire. Provoquant ainsi la colère de Dieu et le banissement du jardin d’Eden. Eve et toutes les femmes doivent alors porter le poids de cette culpabilité et être considérées comme inférieur à l’Homme car aisément corruptibles. Elles ne doivent surtout pas écouter leur voie intérieure qui les a mené au péché.
Ce féminin perdu dans un mélange d’indignite, de honte et de domination, fait que les femmes elles-mêmes n’ont pas confiance en elles.
Cependant cette histoire à été mal interprétée et déformée. Ce n’est qu’un mensonge. Un mensonge qui a laissé bcp de traces. Voici la version que propose « Le nouveau féminin sacré » de Meghan Don :
- Le jardin d’Eden : le jardin d’Eden est la Source. Là où toutes les âmes sont nées. L’origine de tout. Lorsque nous mourrons, notre âme remonte à la Source. Lorsque notre âme s’incarne, elle quitte la Source. La Source est Une et indivisible. Nous ne connaissons pas l’individualité lorsque nous sommes à la Source. Justement, nous nous incarnons pour vivre cela, ici, sur Terre : expérimenter ce qui est impossible d’expérimenter à la Source, et évoluer.
- L’arbre de la connaissance : La pommier de l’Eden, est l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Son fruit, la pomme, symbolise l’immortalité, la sagesse et le pouvoir suprême. Comme la pomme d’or qui, sous les empereurs romains, représentait le globe terrestre ou le soleil. En mangeant la Pomme, Eve offre la Conaissance et la partage avec Adam.
- Adam et Eve sont 2 âmes asséxuées (une âme n’a pas de sexe, elle choisit le genre qu’elle va incarner sur Terre en s’incarnant) qui vivent à la Source. La preuve est que Adam et Eve ne découvrent leur nudité qu’après avoir mangé le « fruit défendu » dans le mythe. Ils se couvrent alors les parties génitales avec des feuilles. La dualité homme/femme n’est pas un châtiment séparatiste mais un terrain d’experience sur Terre. Eve n’a pas piégé Adam, elle a partagé avec lui, l’a guidé. Cela rejoint les traditions amérindiennes où, la Femme ouvre la voie à la spiritualité à l’Homme, et l’incarnation dans la matière est une expérience spirituelle !
- La voie intérieure de Eve est la voie de l’âme, autrement dit l’intuition, qui à créé le monde en incitant Eve à s’incarner ! Prenons confiance en notre intuition et notre capacité de choix.
- La punition de Dieu n’en n’est pas une. L’exclusion du jardin, autrement dit, l’incarnation n’était pas une punition mais un don.
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Jacob Jordaens – Adam and Eve
En gros, ce mythe révèle simplement, qu’en croquant le fruit de la connaissance, Eve accepte de s’ouvrir à la connaissance, c’est-à-dire à l’incarnation. Elle accepte d’expérimenter la matière. De passer du « royaume de Dieu », la Source, à la matière en s’incarnant sur Terre.
Adam et Elle ont decouvert alors la dualité homme/femme (ils se sont couvert qu’à partir de ce moment là !) et le libre arbitre. Ils sont passés de ce grand tout, la Source, cette unification inconsciente à l’individualité consciente terrestre..
Bref ils sont fait ce que nous avons fait en nous incarnant sur cette terre dans cette vie et dans les autres (passées ou à venir).
Ca fait un truc, non ?
Personnellement, j’ai vraiment senti un poids qui s’allégeait….
Cette vison de Meghan Don est une interprétation du mythe de la création parmis tant d’autre. Oui.
Mais pourquoi ne pas croire en celle-ci au lieu de celle proposé par les théologiens ?
Pourquoi ne pas croire au féminin qui s’élève plutôt quàà celui qui tombe ?
Pourquoi ne pas vivre ce féminin avec gratitude et honneur plutôt que dans la honte et le secret ?
Lorsque nous guérison notre féminin blessé pour aller vers notre féminin sacré, nous nourrissons positivement le féminin sacré au sens collectif. En d’autre terme, en nous soignant, nous soignons les autres femmes. Nos filles.
Toutes les femmes sont reliées entre elles, par un fil invisible, vestige d’une sororité renaissante, j’en suis convaincue.
Alors si nous arrêtions d’avoir peur de notre voie intérieur et que nous l’ecoutions pour donner naissance à un nouveau monde ?

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